Contre la privatisation de la Poste

Publié le

Intervention de Sylvain Baron relative à la privatisation de la Poste

Conseil muncipal du 24 septembre 2009

 

 

L'opposition à gauche est unanime. Tous les partis, tous les syndicats, toutes les associations demandent le retrait de la loi sur le changement de statut de la Poste et appellent les citoyens à participer en nombre au vote organisé le 3 octobre prochain.

 

Le Parti Socialiste, partie prenante du collectif national de mobilisation, s'y engage pleinement.

 

Derrière le changement de statut perce la volonté de privatiser la Poste. Cela montre à quel point ce gouvernement, pour une gestuelle purement idéologique, se satisfait d'une mascarade économique et de la pratique éhonté du mensonge. C'est un déni de démocratie.

 

L’aveu même de cette mascarade se trouve d’ailleurs dans le fait que la Poste n’a pas eu besoin de changement de statut pour que les dirigeants actuels, nommés par le gouvernement, ferment en moyenne trois bureaux de poste par semaine depuis le début de l’année, supprime 7400 emplois - départ à la retraite compris - et fassent entrer 400 millions de la Société Générale dans le capital des chèques postaux.

 

Cette volonté de privatisation arrive d'ailleurs au moment où le gouvernement commence à égrener les mille et une mesures à venir pour faire supporter au peuple le poids de ses erreurs et de celles du système. Mesures méprisables comme l'augmentation de la taxe d'habitation pour compenser en partie la suppression de la taxe professionnelle, instauration d'une taxe carbonne pour les malheureux qui n'y peuvent rien, augmentation de 16 à 18 euros du forfait hospitalier, imposition des indemnités d'arrêt maladies ou d'arrêt pour accidents du travail...  Et cela ne fait que commencer !

 

Ce projet pour la Poste, que rien n'impose, pas même l’Europe, cristallise un faisceau de mécontements dont la colère des élus de nombreuses petites communes en est un exemple marquant. Ce changement de statut ouvre tout grand la porte aux capitaux privés pour que tombe dans leur escarcelle une entreprise publique de plus. Qu'on se rappelle Air France, France Télécom, GDF et EDF, par exemple...  L'affirmation que les capitaux publics d'aujourd'hui ne seront jamais rejoints, demain ou après-demain, par des capitaux privés est évidemment ressenti par tous comme un mensonge grossier.

 

Bonaparte disait : "le mensonge n'est bon à rien, puisqu'il ne trompe qu'une fois".

Peut-être est-ce à cela que l'on voit combien la droite orléaniste qui nous gouverne s'éloigne du bonapartisme gaullien dont elle fait maintenant le procès...  Cette droite n'hésite pas, elle, à nous resservir trois fois et sans vergogne le même mensonge ! Par impuissance, bétise, inconscience ou mépris ? Sans doute un peu des quatre...

 

Monsieur le Député-maire, cher collègues, le groupe socialiste adhère à l'exposé des motifs de cette délibération. En conséquence il se prononce pour le retrait du projet de loi postale, il participera à l'organisation de la consultation citoyenne et il demande la tenue d'un référendum sur le service public postal.

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